- Claude-Alain Bétrisey, votre regard sur le projet ma plaine…
Le projet cantonal Rhône 3 et la volonté de corriger, voire d’élargir le lit du fleuve, sont à l’origine du projet régional ma plaine entre St-Léonard et Sierre. Ces travaux de sécurisation donnent l’opportunité d’aller bien plus loin, c’est-à-dire de valoriser la plaine du Rhône et d’affirmer ses multiples fonctionnalités. De plus, ce projet de développement de notre portion de plaine arrive à un moment particulier, à savoir l’introduction de la politique de soutien et de développement des agglomérations actuellement mise en place par Berne. Ce projet intéresse particulièrement les communes concernées et soulève de nombreuses interrogations. Pour moi, Rhône 3 et cet instrument fédéral représentent pour les communes une véritable opportunité pour trouver des solutions concertées et harmonieuses au niveau de la région. Cela devrait nous permettre de développer nos transports, de jeter un regard critique sur notre emploi du sol, mais aussi de promouvoir le tourisme doux et l’agrotourisme notamment. Voilà dans quel contexte s’inscrit le projet régional ma plaine, qui est une véritable chance pour la région.

- Plus précisément, qu’attendez-vous du projet ma plaine?
C’est l’occasion de positionner notre région de plaine entre St-Léonard et Sierre en lui donnant une image spécifique, par rapport au reste du canton. La question est de savoir quelle image nous voulons profiler, en lien avec la typicité de cette région. Je le disais plus haut, l’agrotourisme est l’un des éléments à valoriser. Nous avons non seulement de la viti-viniculture, mais aussi des vergers et de la culture maraîchère de haute qualité. Dans cette image régionale, la nature est également un paramètre important et intégré avec, par exemple, la réserve naturelle de Pouta Fontana pour laquelle la région verrait d’un bon œil la création d’une passerelle sur le fleuve dans cette zone. Il convient de signaler également la future zone de loisirs de ‘’la Corne’’ et le futur golf 18 trous. A la région de valoriser ces ‘’plus’’ touristiques en les associant pour en faire un tout cohérent, une destination nature familiale.

- Le projet ma plaine pose quel type de défis?
Il y en a toujours lorsqu’on essaie de concilier les intérêts en jeu pour trouver des solutions communes. Il faudra notamment tenter d’harmoniser le développement des zones des différentes communes concernées et les affectations de part et d’autre des limites communales. Dégager une cohérence en tenant compte des intérêts de l’industrie, de la nature, mais aussi des besoins de l’agriculture est un véritable enjeu. Les surfaces agricoles se réduisent comme peau de chagrin. Il faudra veiller à ne pas les hypothéquer d’avantage encore, mais à soutenir ce secteur, qui contribue à l’identité et à la richesse de notre plaine. Tout le défi sera en fait d’être innovant et de ne pas vouloir forcément répéter ce qui se fait ailleurs.

- Que pensez-vous de la démarche participative qui a été adoptée, des ateliers multisectoriels en cours, du site Internet et de son blog pour associer la population au projet ma plaine?
Je souhaite vivement que cette démarche novatrice débouche sur de nouvelles idées pour la région. Des idées inédites, et pourquoi pas un peu folles, qui ne sont pas encore apparues. Je souhaite qu’on parle davantage du projet ma plaine, carà ce stade, il n’est pas assez connu. Il faut y intégrer le plus grand nombre possible de personnes de tous âges, qu’elles donnent leur avis, même si certaines idées peuvent paraître saugrenues. Les utopies d’aujourd’hui sont les réalités de demain, que ce soit sur les plans écologique, technique, industriel ou des loisirs.
La jeunesse en particulier doit être associée au projet ma plaine, car c’est pour eux en définitive que nous préparons la plaine de demain. Pourquoi ne pas solliciter des classes par exemple?

- ma plaine, c’est un projet de longue haleine pour construire à long terme. Ce n’est pas exactement le rythme des politique...
Il est vrai que la société, les décideurs actuels –et pas seulement les politiques– ressemblent de plus en plus à des cyclistes avec le nez sur le guidon. On court, on court, on s’inquiète plus souvent des moyens que du but. De ce fait, ma plaine est une démarche nécessaire où l’on se doit de prendre prend le temps de la réflexion et surtout de la concertation. Il s’agit de déterminer d’abord ce que l’on veut, dans quelle direction se diriger, dans quelle plaine vivre et travailler, dans quel cadre de vie construire pour demain. Le choix des moyens vient ensuite et ne doit pas être un frein de prime abord.