Thierry Bruttin: "J'ai deux voeux!"
Par Geneviève Zuber, jeudi 15 mars 2007 à 07:43 :: General :: #28 :: rss
Pour Thierry Bruttin, architecte de
«Tout d’abord, si j’essaie de saisir l’impact de la 3e correction du Rhône sur le cadre de vie et le paysage valaisan, j’observe que le canton, maître de l’ouvrage, la Région et la Ville de Sierre, directement concernées, se donnent les moyens d’organiser la plaine de façon spatiale en tirant le parti d’une relation fondamentalement nouvelle avec le fleuve. L’exemple de la région de Chippis où une connexion forte du Rhône avec le site de Géronde est prévue sous la forme des parc publics voués à la détente et aux loisirs, mais également avec de futurs quartiers d’habitation de grande qualité, du fait de ces nouveaux espaces, démontre que les études en cours sont pertinentes et justes.
Cela dit, au niveau paysager, il reste encore des investigations à engager pour que le visage futur de la plaine du Rhône soit correctement dessiné et donc maîtrisé. Il s’agit d’éviter de défigurer, de blesser ou de dénaturer la Vallée. En fait, nous avons une magnifique opportunité de créer un nouveau paysage pour la Plaine du Rhône, sachant que dans un territoire aussi urbanisé, ce ne pourra être qu’un espace domestiqué par l’homme.
En ce qui concerne le processus de développement du projet, la démarche participative a été privilégiée, on identifie ainsi les objectifs respectifs, les enjeux, les envies, les conflits, etc., dans le but de produire des cahiers des charges.
Ensuite, pour réaliser des études cohérentes et de qualité, ce seront les spécialistes des différentes disciplines concernées qui devront prendre le relais : ingénieurs, biologistes, aménagistes, architectes / paysagistes et urbaniste. Mon vœu: que ce projet territorial dont les enjeux sont considérables ne se fassent pas de façon anachronique, où une discipline l’emporterait sur les autres au détriment des espaces de vie. Pour rappel, cette façon de faire, unilatérale, qui fut appliquée avec les dégâts que l’on sait sur la substance de nos villes lors des années 60 et 70 du tout à la voiture n’est pas si lointaine !
Par conséquent, une collaboration interdisciplinaire me semble incontournable pour réussir l’exercice. Ici, le maître de l’ouvrage, en l’occurrence le Canton, qui tient un rôle majeur pour le bon déroulement de la démarche devra prendre le soin compléter l’équipe des ingénieurs en place des autres compétences et disciplines nécessaires, notamment en ce qui concerne les aspects paysagers, architecturaux et urbains.
Un autre vœu: que les différentes régions valaisannes engagées dans ce projet de valorisation travaillent de manière concertée, pour éviter un résultat global incohérent. Il s’agit là d‘une seconde responsabilité à assumer par le canton : maintenir la cohérence de l’ensemble ! L’enjeu: créer au travers d’un projet sécuritaire, une nouvelle identité pour la Plaine. Car, de même que les Alpes, le Rhône contribue de façon essentielle à la qualification paysagère du Valais.»
Thierry Bruttin


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