Le castor, sympathique rongeur de ma plaine
Par Jean Zuber, lundi 6 août 2007 à 15:23 :: General :: #71 :: rss
Le castor a fait sa réapparition en Valais, sur les berges du Rhône. Il était cet été le héros d'un billet du NF. Pour en savoir plus nous avons mené l'enquête sur notre blog et demandé à Thierry Largey, chargé d’affaires de Pro Natura Valais, quelques informations supplémentaires sur cet animal qui est un hôte de ma plaine où il doit trouver un modus vivendi avec les agriculteurs.
On qualifie le castor de «sympathique rongeur». Partagez-vous ce jugement?
Oui, tout à fait. La physionomie du castor, cette espèce de jolie boule de poils, sa célèbre queue plate et écailleuse qui lui sert d’alarme, son lien, dans notre imaginaire, avec le Canada, son caractère de bâtisseur, sa présence dans certaines bandes dessinées comme Yakari ou les Castors juniors, tout cela lui assure un grand capital de sympathie auprès du public.
Essentiellement des huttes et des terriers pour son logement, ainsi que des barrages qui permettent d’élever le niveau de l’eau dans son habitat et ainsi de mieux se protéger et se déplacer.
Avant tout de plantes (feuilles, bourgeons, herbes, châtaignes, fruits, …) durant l’été, et surtout d’écorces de saule (riche en sucre) durant l’hiver. C’est donc un rongeur herbivore.
Oui, il y a en ce moment plusieurs couples dans la réserve de Pouta Fontana. On peut d’ailleurs voir une très belle hutte, désaffectée, de trois mètres de diamètre. Malheureusement, elle est très difficilement accessible. En Suisse, les castors habitent plutôt dans des terriers creusés dans la berge, avec une entrée sous le niveau de l’eau pour en assurer la protection contre les renards par exemple. En se baladant le long du canal de la Réchy, il n’est pas rare mettre le pied dans un petit trou dans la berge. C’est une ancienne cheminée de terrier de castor parfois.
Problèmes… et solutions
Cet animal peut-il cependant poser des problèmes?
En hiver, on l’a dit, le castor se nourrit d’écorce de saules. Mais si cet arbre manque, il peut se tourner dans des vergers à proximité. C’est le cas dans la région de Réchy et de Martigny. Et ces dégâts infligés aux fruitiers sont bien sûr ennuyeux.
Le projet maplaine permet en effet d’envisager des solutions pour la région Pramont. L’idée est la suivante. Actuellement, le canal de la Réchy traverse de nombreux vergers avant de rejoindre Pouta Fontana. Les canaux de plaine, avec le Rhône, sont les axes de déplacement du castor qui peuvent ainsi causer quelques dégâts aux arbres fruitiers car l’entretien intensif du canal le prive de nourriture naturelle (saules, …). Que ce soit pour les arboriculteurs ou le castor, il serait favorable de créer un nouveau lit de la Rèchy qui longerait la future nouvelle digue du Rhône, hors des vergers. Un nouveau tracé du canal, plus naturel, boisé encouragerait le castor à ne pas ronger les pommiers. Quant à l’actuel lit de la Rèchy, il pourrait être conservé pour des fonctions strictement agricoles
Cette solution, qui est pour l’instant une proposition que le CoRePil doit discuter, offrirait plusieurs avantages:
- elle assurerait une liaison biologique de qualité entre Pouta-Fontane et Finges
- elle protègerait les vergers
- elle préviendrait les éventuels conflits entre une exploitation agricole qui soit efficace, mais qui utilise des produits toxiques, et la protection d’un milieu naturel essentiel, mais qui ne supporte pas les produit toxiques.
- Elle offrirait un but de promenade extraordinaire, le long d’un cours d’eau ombragé, naturel où il possible d’apercevoir le castor.
- Ce projet serait un lien biologique qui permettrait au castor de mieux circuler, tout en limitant ses nuisances. Cela va tout à fait dans le sens de maplaine qui veut renforcer les liaisons biologiques pour la faune.
Mais je le répète, on est au stade des idées.
Il faut venir à la tombée de la nuit, moment où l’animal sort, car le castor est nocturne. Mais il n’est pas facile de le rencontrer! De plus, il faut bien s’assurer de ne pas être dans le vent, car le flair du castor est très efficace…
On peut aussi espérer repérer ses traces en hiver, après la chute d’une fine pellicule de neige ou en observant les branches rongées.
Deux informations pour terminer:
- On peut trouver des informations supplémentaires sur le castor sur le site www.procastor.ch. Le numéro 14 de la revue ProCastor Information consacre un article au castor le long du Rhône.
- Finges Parc naturel Valais organise des excursions pour observer les castors les mercredis 5 septembre et 3 octobre, de 13h30 à 16h30. Pour le programme précis: http://www.pfyn-finges.ch/f/excursions/default.asp


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