La pollution du Rhône inquiète la France, lit-on dans le Temps du 10 octobre, et la situation est jugée «extrêmement préoccupante». Suite à une contamination au PCB (polychlorobiphényle), plus connu sous le nom de pyralène, produit chimique non biodégradable et potentiellement cancérigène interdit depuis 1987, le Rhône est pollué de l’Ain jusqu’à la mer et les poissons ont été déclarés impropres à la consommation. Les cours d’eau en Suisse pourraient également être touchés, ce qui est déjà le cas de la Sarine, interdite de pêche depuis fin août et jusqu’au 1er janvier 2008.

«Les poissons du Léman peuvent être consommés sans soucis»

Et le Rhône, qu’en est-il? Le blog ma plaine est allé à la pêche aux infos auprès du Service cantonal de la protection l’environnement (SPE). Son chef, Cédric Arnold, nous explique que «les analyses effectuées sur les sédiments du Rhône dans les années 1980 à 1990 n’ont révélé que des traces de PCB (environ 10 millionièmes de grammes de PCB par kilogramme de sédiments). Le Léman était environ 5 fois plus pollué que le Rhône. Les teneurs dans les poissons du lac demeurent cepndant largement en dessous des normes égales; ils peuvent donc être consommés sans souci.» Cédric Arnold précise cependant que les PCB trouvés dans la Sarine sont d’une catégorie particulière et qu’à ce jour il n’y a pas eu analyses spécifiques dans le Léman pour détecter ce type de PCB précisément. Mais des investigations complémentaires sont en cours.

Le Rhône en Valais va nettement mieux qu’il y a trente ans

Nous en avons profité pour demander au Dr. Arnold quel est plus généralement l’état de santé du Rhône. Réponse: «La qualité des eaux du Rhône s’est notablement améliorée ces trente dernières années et peut être qualifiée de globalement bonne.». Pour les détails, le SPE a présenté un bulletin de santé des cours d'eau valaisans lors d’une conférence de presse en février, et vous pouvez en savoir plus en cliquant ici ou en consultant les archives du 27.2.2007 (bilan de santé des cours d'eau valaisan) du service de presse cantonal.

Cela dit, Cédric Arnold annonce que la CIPEL Commission Internationale pour la protection des Eaux du Léman) informera cet automne le public sur les résultats d’une étude sur les micropolluants dans le Rhône et le Léman. Les micropolluants sont les empreintes de notre civilisation (industries, médicaments, pesticides, etc.). Le Rhône n’est pas épargné, même si ces substances se trouvent dans le fleuve dans des concentrations très faibles.