Denis Rey nous fait partager une intéressante réflexion assortie de photos sur le défi du développement durable quand la colonne vertébrale d'une région s'appelle le Rhône. Région ciblée par Denis Dey: la portion entre Chippis et Susten, avec ses particularités, en l'occurrence son rôle de pont entre les deux parties du canton et le Rhône sauvage. Mais au-delà de ces spécificités, la réflexion vaut aussi pour
ma plaine entre Sierre et St-Léonard, pour toute la plaine du Rhône d'ailleurs: "
Lier, relier, développer, mettre en avant tout un tas de choses imbriquées les unes dans les autres sans trop déranger les unes par rapport aux autres. Pas facile!", nous écrit Denis Rey
. "Et pourtant, il faut bien s'y mettre." Oui, c'est bien tout le défi, tout le travail actuel du projet
ma plaine...
Voilà, ci-dessous, ce que nous écrit Denis Rey:
"Ci-joint, ce sont quelques images de la région de Finges orientées plutôt là où on regarde moins.
A présent, le passage de la route cantonale sur la tablette où roulaient jadis les trains est un magnifique balcon d’où l’on peut observer la pinède dans son réveil printanier et aussi le Rhône déambulant çà et là dans son lit irrégulier.
Je dis le Rhône, mais en fait, ce sont essentiellement les eaux de la Dala qui coulent dans ce lit extraordinaire. C’est assez particulier comment la rivière de Loèche-les-Bains atteint le fleuve. Elle se faufile à travers une étroite gorge débouchant directement sur la plaine. Ce qui est intéressant de voir ce sont les quatre ponts lancés sur la gorge : tout en haut c’est le grand viaduc qui, depuis bientôt une vingtaine d’année, relie Loèche-Ville à Varone. Puis il y a le « Dala Brücke » avec sa tour de défense. Ce doit être-là le plus ancien trait d’union entre le Valais germanophone et le Valais central, un de ces symboles caractérisant encore le temps des péages entre les régions. A l’avant, c’est le pont de la route cantonale, et à l’arrière du goulet on distingue celui tout récent de la ligne ferroviaire du Simplon. Il y a autour de cet ensemble d’ouvrages une connotation rappelant de manière peut-être lointaine les gorges des Schöllenen dans le canton d’Uri avec toute l’Histoire du Pont du diable; l’obélisque de Finges, en face, rappelant également des faits d’armes d’une même époque.
Et puis dans ce lit du Rhône, il y a ces immenses quantités de graviers, de sable et de blocs. C’est-là le matériau qui, travaillé, puis transporté sur les hauteurs est à la base de tout le tourisme Valaisan, à travers les immeubles de vacances, les socles de nos remontées mécaniques. Dans une certaine mesure, il est aussi dans les voutes des barrages et dans les enrochements soutenant les routes d'accès à nos vallées.
Finges, c’est aussi l’endroit des rapides du Rhône. Par le dénivelé assez marqué entre Susten et Chippis on a pu utiliser sa force pour produire de l’électricité. C’est aussi la raison pour laquelle des pylônes ont poussé dans la pinède, sur le coteau de Varone et sur la base du Gorvetsch. Si la pente eut été moins forte, le paysage serait probablement bien différent, et le fleuve coulerait certainement entre ses digues comme ailleurs dans la plaine.
Sous les racines des pins, ce sont aussi des graviers, ceux de la lave torrentielle que l’Illgraben à descendu au fil des millénaires pour constituer le cône de Finges dans lesquels on va passer avec l’autoroute du Rhône.
A part ça, on sait aussi qu’il y a dans cet espace une flore et une faune particulière constituant un autre volet de la richesse de l’endroit.
Eh oui, un grand défi que ce petit mot « durable ». Lier, relier, développer, mettre en avant tout un tas de choses imbriquées les unes dans les autres sans trop déranger les unes par rapport aux autres. Pas facile ! Et pourtant, il faut bien s’y mettre."


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le "Dala Brucke" (ci-dessus)

L'obélisque de Finges (ci-dessus)
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